Mod’emplois

LE PRODUCTEUR LOCAL

Bois Guillaume, Normandie :  pour renouveler les modes de commercialisation, dans sa région, Claire a lancé un nouveau type de commerce qui associe boutiques et producteurs :  les boutiques deviennent  comme une extension des différentes fermes, pendant que la marge dégagée revient intégralement aux producteurs. Franchise solidaire ,  le producteur Local compte 7 magasins en France.
« J’avais un réseau de producteurs locaux avec lesquels j’étais déjà en lien puisque je leur achetais leurs produits. Je suis donc parti de l’âme de ma région et d’un secteur que je connaissais. »
Cette première phase propose une étude de marché simplifiée, comme un premier tour de piste pour s’assurer de la faisabilité de la duplication du projet. Il s’agit de collecter et d’analyser des informations sur l’environnement du lieu d’implantation du projet et d’identifier vos motivations, vos atouts et besoins.
« Concrètement, ce qu’il fallait, c’étaient des producteurs motivés qui avaient envie d’un nouveau projet de commercialisation et qui avaient envie de le gérer avec en plus, un porteur de projet motivé pour rassembler tout le monde »
Cette étape de collecte d’informations permet de vérifier que le lieu d’implantation du projet présente les caractéristiques indispensables à la duplication du modèle Producteur Local. Il s’agit de trouver des producteurs locaux motivés dans une zone géographique précise, en consultant des annuaires en ligne ou via un réseau social spécialisé, de s’informer sur les principes de l’agriculture durable  et l’alimentation durable, d’appréhender les principes des circuits courts , d’analyser les besoins alimentaires et donc le marché en effectuant une étude de concurrence.
« Le noyau de base de producteurs que je voulais associer au projet n’a pas été dur à convaincre parce que c’est des producteurs que je connaissais. Du coup, une confiance réciproque, nécessaire à tout projet coopératif existait. Les autres producteurs ont été plus compliqués à convaincre. »
Créer un projet comme Le Producteur Local demande de vérifier la compatibilité entre votre situation personnelle, économique et le projet, en effectuant un bilan personnel et de vous assurer d’avoir savoir-faire et connaissance nécessaires pour porter le projet. Pour définir ses atouts, identifier ses manques et besoins, on peut s’appuyer sur l’analyse Swot.
« Pour passer de l’idée à la création, j’ai été accompagnée par différents dispositifs complémentaires. »
Après avoir identifié vos forces et vos faiblesses, définit les contours de votre projet, la phase d’accompagnement est primordiale : être accompagné est une condition de réussite. Il existe en France de nombreuses structures répondant à une variété de besoins. Toutes permettent d’être entourés par d’autres porteurs de projets et donc d’échanger, d’apprendre et d’être soutenu dans sa démarche.
« J’ai été accompagnée par des dispositifs d’aide de la région Normandie, et par une super association qui s’appelle l’ADRESSE, et j’ai travaillé le business plan,le modèle économique, le modèle juridique avec l’union régionale des SCOP et SCIC. »
Au niveau national comme à l’échelle plus régional, les structures d’accompagnements sont diverses. Il est judicieux de se faire accompagner par des organismes et réseaux différents et complémentaires pour encadrer le projet dès l’émergence de l’idée avant de passer à la création effective de sa structure. Il faut s’adresser aux bons réseaux d’accompagnements, comme l’URSCOP pour Claire, qui a l’a accompagné sur le plan juridique et financier, ou à des incubateurs. On peut se former si besoin via l’offre de formations gratuites et/ou potentiellement financées par le CPF  et se rapprocher des organismes d’aides régionales. Claire a été accompagné par l’Adresse, Association de développement de l’ESS de Normandie.
« L’association de développement régional de l’économie sociale et solidaire en Normandie aide à trouver un modèle économique rentable, à faire vivre les principes de l’économie sociale. La région nous a également aidé financièrement. »
Il faut d’abord trouver les capitaux pour couvrir les besoins nécessaires au lancement du projet, et financer le début de l’activité en rencontrant des banques afin d’évaluer leurs propositions. On peut se faire accompagner par des structures de financement spécialisés dans les projets impliqués dans l’ESS. Ceux-ci ayant la possibilité de recevoir des prêts financiers et d’examiner les dispositifs de financements.
« L’idée a d’abord germé avec un réseau de producteurs dans mon entourage, à qui j’ai commencé à parler du modèle que j’envisageais ».
Cette phase permet d’aller plus loin dans l’étude de marché, d’étudier des éléments commerciaux et financiers pour élaborer le business model et le business plan d’une organisation structurée, susceptible de trouver une clientèle et de générer des revenus.
« Une fois que j’ai eu ce modèle bien défini, que j’ai eu un groupe de producteurs motivés qui étaient prêts à me suivre. »
Cette étape permet d’établir un business model en accord avec votre projet. S’appuyant sur l’étude de marché, le modèle économique va préciser le marché dans lequel votre projet va évoluer, identifier les caractéristiques de vos futurs clients et estimer un chiffre d’affaires prévisionnel. Ces informations permettront de construire un modèle économique juste pour les producteurs et les consommateurs car le projet de Claire a une valeur économique mais également solidaire et durable.
L’étude financière  va permettre de préciser vos besoins et les coûts qu’engendre le projet à ses différentes étapes. Il s’agit d’évaluer le coût prévisionnel du projet en calculant les différentes dépenses, d’identifier les risques de financement et de prévoir un plan de trésorerie.
Un business plan est l’assemblage des deux étapes précédentes.  Il décrit le projet dans son ensemble, c’est-à-dire les conclusions de l’étude de marché, l’exposé de l’offre et le plan financier. Destinés à des tiers, il sert à convaincre du potentiel du projet, de la cohérence du modèle économique et de la bonne logique de la stratégie commerciale envisagée.  La première page du business plan, l’exécutive summary, est une carte de visite du projet. Il en présente les points clés pour permettre aux investisseurs d’avoir une vision rapide et globale.
« La forme de coopérative nous permet de proposer un modèle non lucratif. »
Cette phase propose de structurer une équipe, de trouver une gouvernance et d’identifier une structure juridique adaptées au projet. Si les entreprises de l’économie sociale et solidaire comme le Producteur Local utilisent des outils et des moyens d’action similaires à celles des entreprises privées , elles poursuivent des objectifs caractéristique de l’ESS en mobilisant des ressources et des approches spécifiques.
«Quand on a commencé à avoir des demandes de porteurs de projets d’autres régions voulant ouvrir leur producteur local, on a décidé de créer la franchise solidaire
Le choix de la forme juridique est une étape essentielle de la création d’une structure. Cette enveloppe légale doit correspondre à la philosophie du projet et lui permettre de se développer. Certains dispositifs d’accompagnement sont spécialisés dans les démarches juridiques. Claire a été accompagnée par l’Union régionale des SCOP. Plusieurs formes juridiques sont envisageables pour un commerce comme le Producteur local. On peut rejoindre la franchise solidaire le Producteur Local, ou porter le projet en tant qu’indépendant.
« On est en train de travailler sur un modèle d’accompagnement un peu alternatif où on aide à monter des boutiques, à s’installer, sans pour autant être rattachés au réseau car géographiquement éloignées de Normandie. »
Créer une équipe efficace demande de réunir des compétences complémentaires, partageant des valeurs et un objectif commun autour d’un projet. Il vous faut ensuite préciser l’organisation au sein de l’entreprise, et privilégier, comme Claire, des producteurs qui font déjà partie d’un réseau et qui savent travailler ensemble.
« La philosophie du Producteur Local c’est d’être un projet humaniste, coopératif, qui agit sur l’environnement, le territoire, grâce à l’alimentation et aux circuits courts »
Il faut se poser la question du statut le plus adapté à son projet, mais également un type de gouvernance adaptée à votre organisation, reflet du projet et de sa philosophie.

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