L'ODYSSéE d'ENGRAIN

Valoriser la production de blé ancien et renforcer l’autonomie des paysans. 

1- Découvrir l'odyssée d'engrain

Le cœur des actions de l’Odyssée d'Engrain, c’est de valoriser l’autonomie des paysans à travers un principe ancestral."

Julie, membre du collectif

L’Odyssée d’Engrain est une coopérative pensée pour valoriser la production de blé ancien tout en renforçant l’autonomie des paysans. C’est à l’initiative d’Eric, paysan boulanger dans les Hautes-Pyrénées, qu’une poignée d’agriculteurs pyrénéens se sont lancés dans la réintroduction de vieilles variétés de blés sur des parcelles tests. L’idée était de retrouver une semence qui, dans sa forme ancestrale, correspondrait naturellement aux contraintes climatiques et environnementales de leur terroir. 

Le collectif produit aujourd’hui 30 tonnes de blés, cultivés sur un territoire commun aux départements des Hautes-Pyrénées, du Gers et de la Haute-Garonne. Moulues sur des meules de pierre, les farines fraîches sont mélangées avec de l’eau avant d’être séchées à basse température et transformées en pâtes. Entre la semence et le produit fini, le blé aura parcouru au maximum 50 kilomètres.   

Julie, membre du collectif, développe : “en Occitanie, nous avons un territoire très riche en matières premières. La question était alors : ‘comment valoriser ces produits sur le territoire et comment devenir moins dépendants des grandes industries agroalimentaires ?’” 

Pour donner une réalité écoresponsable au projet, le collectif a choisi un outil de fabrication coopératif et solidaire dans lequel producteurs, consommateurs et distributeurs sont impliqués à part égale : la SCIC l’Odyssée d’Engrain. « C’est un projet d’alimentation responsable et durable : notre objectif n’est pas de faire des bénéfices mais d’accompagner les agriculteurs dans une démarche totalement intègre et surtout de rendre les blés paysans accessibles au plus grand nombre », précise Julie.

2- Le projet vous inspire ?

Le collectif s’est formé autour de l’idée du projet mais c’est grâce aux compétences variées du groupe - paysans, artisans, électriciens, commerciales - que le projet a pu être réalisé. ”

Julie, membre du collectif

Créer un projet demande de vérifier la compatibilité entre sa situation personnelle et le projet. Un bilan personnel permet d’identifier ses intentions et ses aptitudes et de s’assurer d’avoir les compétences nécessaires pour porter le projet.

3- Se faire accompagner

Nous avons été accompagnés par diverses structures d’accompagnement pour des étapes différentes du projet. ”

Julie, membre du collectif

Il existe en France de nombreuses structures susceptibles d’épauler les porteurs de projets quels que soient leurs stades de développement : de nombreux acteurs sont là pour vous soutenir dans votre projet, n’hésitez pas à les solliciter.

Le collectif a été accompagné par différentes structures : 

  • Le GAB 65, pour lever des fonds et des subventions,
  • L’URSCOP d’Occitanie, pour la gouvernance. Julie se souvient : “L’URSCOP de notre région a pu nous accompagner sur la partie juridique et administrative ».
  • Et la Fondation de France, pour concrétiser le projet. 

4- Structurer son projet

Nous travaillons avec des paysans qui sont déjà dans une logique de revaloriser et d’avoir une pluralité d'activités sur un même espace. ”

Julie, membre du collectif

Il est possible de se faire accompagner par des structures de financement spécialisées dans les projets impliqués 

dans l’Economie Solidaire et Sociale.

Le modèle économique d’un projet se structure en différentes étapes. « Notre modèle économique reflète la mission de revaloriser le blé ancien. Nous fabriquons des pâtes pour pouvoir cultiver du blé, et non l’inverse », explique Julie.

L’étude de marché permet d’identifier l’environnement du projet. « Il faut réfléchir à tous les acteurs de la filière. La notion des parties prenantes est importante dans l’économie sociale et solidaire », pointe-t-elle.

L’étude financière prévoit le chiffre d’affaires et les dépenses d’un projet. Pour aider à financer les installations et le matériel, l’Odyssée d’Engrain a mené une campagne de crowdfunding qui a permis de mettre à contribution toutes les parties prenantes : “Il y avait une vraie impulsion citoyenne. Le crowdfunding en est la preuve, toutes les parties ont pu participer au projet : paysans, citoyens, consommateurs et même les boutiques avec qui on travaille aujourd’hui. ”  

Le business plan résume les étapes précédentes, pour présenter le projet aux potentiels partenaires et investisseurs. L’Odyssée d’Engrain a bénéficié d’investissements en travaillant avec le Crédit Coopératif et de subventions par le biais de la Région Occitanie. 

Concernant l’impact social de notre activité, il était important que toutes les collectivités locales soient autour d’une même table et puissent participer au débat. »

Julie, membre du collectif

Structurer un projet demande de choisir une enveloppe juridique adaptée à sa philosophie. « On a choisi de se structurer en SCIC car c’était une initiative collective et c’était important de construire une filière où toutes les parties prenantes soient autour de la table », précise Julie. Enfin, la constitution d’une équipe est une condition essentielle à la réussite du projet. « Nous avons commencé dans un fonctionnement associatif. Tout le monde était bénévole sur le projet avant d’avoir à un modèle entrepreneurial », se souvient Julie.